Accra : Mon prix Nobel de l’accueil

Avec une journaliste…

Je suis à Accra depuis la semaine dernière. Au lendemain de mon arrivée, je me rends au quartier présidentiel. J’avais besoin d’une carte d’opérateur téléphonique pour ma communication. Et lorsque je descends de la voiture sur le trottoir de la « Flag Staff House » je rencontre une jeune journaliste. Apres l’avoir salué, je demande où je pourrais trouver cette fameuse carte. Il est 9 h et en voyant l’allure de sa démarche, j’ai tout de suite compris que cette journaliste était en retard. J’ai quand même pris l’initiative de lui demander. Grande était mon étonnement quand elle s’est arrêté et m’a demandé si j’étais nouveau dans le quartier. Je lui réponds : « Yes, I’m from Togo ». Ce qui s’est passé après m’a juste étonné. Elle m’a emmené chez un vendeur à plus de 300 m de son service malgré son retard et a demandé personnellement à ce qu’on s’occupe de moi, puis elle est partie en se précipitant vers son bureau. Je suis resté bouche bée devant cette sympathie hors du commun, qui pour moi est presque une dévotion.

Avec un agent d’opérateur mobile…

Alors je commence une discussion avec le vendeur de la carte. Dans notre conversation, je lui signifiais que je venais du Togo et que je maîtrise mal leurs opérateurs mobiles locaux. Il rétorque : « Do you speak Ewe ? » je lui réponds par l’affirmatif. Il a donc pris le temps de m’expliquer en langue locale beaucoup de choses sur la communication au Ghana et le bon choix à faire. J’ai été donc servi avec beaucoup de courtoisie, de gentillesse et parfois même avec beaucoup de complicité. Comme j’avais besoin des copies de certains de mes documents, je me suis renseigné auprès du commerçant à ce sujet. Il m’a juste répondu, « Let me help you ». Il prend mes documents, traverse la route et reviens avec les photocopies en main. Après l’avoir remercié, je demande l’addition. Le monsieur me répondu, « No Sir, it is for free ». Hmm… je ne savais pas quoi dire à part un grand “Thanks so much

 

Un taxi pas comme les autres…

 

Un taxi pas comme les autres

J’ai alors pris un taxi privé pour continuer mes courses. Dans le taxi, le taximan remarque mon calme et mon air un peu perdu. Il amorce donc une conversation amicale avec moi et me pose petit à petit des questions. La conversation, telle un petit feu alimenté par les braises d’une forêt morte, s’est enflammée. Il y avait plus d’image, plus du réel, plus d’utilité dans cette conversation que mes lignes ici, ne pourraient l’exprimer.

J’étais à la recherche d’un bureau d’échange de devise étrangère (Forex Bureau), et comme c’était presque un jour férié, les bureaux immédiats n’étaient pas ouverts. Alors que l’urgence de la situation me pousse à chercher une solution immédiate, le chauffeur me propose donc un trajet de plus de 2 km de ma position et me promet d’éviter au maximum l’embouteillage et de me ramener avant la fermeture des bureaux. J’ai pris le risque, à vrai dire je n’avais pas le choix. 45 minutes plus tard, j’étais plus que satisfait de son travail puisqu’il m’a attendu durant toute l’opération et m’a ramené avant la fermeture des bureaux. Quel dévouement !

 

Un coup de téléphone magique…

 

Un coup de téléphone magique

 

La nuit tombée, toutes les activités sont terminées. Je dois me rendre donc chez moi. Mais j’ai un problème : Je n’ai plus de charge pour passer un appel. Cet appel qui devrait me permettre de joindre mon contact en ville pour qu’il vienne me chercher en voiture. Sacré dilemme ! J’ai donc décidé de tenter quelque chose. Après avoir cherché les cabines téléphoniques en vain, je demande mon chemin auprès d’un jeune homme pour rentrer en taxi. En lui expliquant ma situation, il sort son portable, demande le numéro de mon contact et lui transmet ma position. Déjà soulagé, il va encore plus loin : il demande à attendre jusqu’à ce que mon contact arrive avant de prendre son chemin. Je me suis encore et encore fait un nouvel ami.

J’ai donc terminé ma journée sur une bonne note, loin des notes de violons et des relations humaines désastreuses auxquelles je m’étais malheureusement habitué à l’étranger.

Mais…

Mais ATTENTION ! J’ai eu  la chance de tomber sur les gens assez accueillants et assez intéressants. Cela ne définit a priori en rien le comportement de tous les habitants d’Accra vis-à-vis des étrangers. Chacun devrait donc faire sa propre expérience et tirer ses propre conclusions par rapport à cette ville que moi j’ai adoré en termes de rapport humain. Ce billet n’est rien d’autre qu’un verdict du cœur.    

2 thoughts on “Accra : Mon prix Nobel de l’accueil

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *